San Diego, Californie - Après le coupé 200, Chrysler s’attaque maintenant à la décapotable avec la même approche. Des changements tellement subtils qu’il faut presque jouer au jeu des sept erreurs pour voir la différence, il y en a pourtant plusieurs, mais il faut se donner la peine de conduire et de s’imprégner du véhicule pour les ressentir.
Il est donc facile de reconnaître l’ancienne Sebring. La 200 est une version plus sculptée, plus raffinée que la Sebring, une mise à jour moderne des lignes qui nous étaient familières avec sa devancière. L’ancienne calandre est remplacée par une entrée d'air plus lisse; les phares et les feux arrière s'affinent, alors que les nervures caractéristiques du capot appartiennent désormais au passé. On ne peut réellement considérer ce produit comme nouveau, mais plutôt comme une recette améliorée.
Les vrais changements sont à l’intérieur
C’est dans l’habitacle qu’il est facile de voir où Chrysler a réellement fait des efforts. La planche de bord, les matériaux, les sièges, la console, tout a été revu à la hausse. Même les versions de base ont maintenant un certain statut grâce à des matériaux de meilleure qualité. L’aspect véhicule de location avec mauvais plastiques de série fait place à des matériaux agréables à l’œil et au toucher. La 200 propose des sièges mieux rembourrés et plus confortables, même si le véritable soutien n’est pas encore réellement au rendez-vous. La finition soignée de l'habitacle est mise en valeur par l'éclairage à diodes électroluminescentes pratique qui procure à la console et aux porte-gobelet une touche d'élégance. Le nouveau volant à trois branches intègre les commandes de la chaîne audio, du régulateur de vitesse et la connectivité Bluetooth. On peut installer quatre adultes en tout confort.
Un vieux 4 et un nouveau six
Pour des raisons de politique de prix, Chrysler a conservé dans sa version LX le moteur à 4 cylindres de 2,4 litres de 173 chevaux qu’on trouvait sous le capot de la Sebring. Rien n’a changé. Il manque toujours de couple, de raffinement et d’agrément. Je ne vois pas de raison valable d’opter pour cette mécanique, même avec la boîte de vitesses à 6 rapports en option. La grande nouveauté est le moteur V6 de 3,6 litres, dit Pentastar, qui prend sa place dans pratiquement tous les modèles de la marque. Sous le capot du cabriolet 200, il développe 283 chevaux. Il offre puissance, raffinement et plaisir de conduire bien au-delà du 3,5 litres qu’il remplace. En prime, ses cotes de consommation sont pratiquement les mêmes que celles du 4 cylindres avec une moyenne oscillant autour des 11 litres aux 100 kilomètres.
Plus baladeur que sportif
C’est le long des frontières mexicaines, sur des bandes d’asphalte désertiques de Californie que nous avons pris la mesure de la 200. Une journée idéale dans un décor enchanteur digne d’un « road movie », un Thelma et Louise entre gars. La 200 est vraiment à l’aise à rythme modéré pour les conducteurs qui prennent le temps de prendre le temps. Oui, le moteur Pentastar lui donne une sérieuse dose supplémentaire de puissance, mais la 200 n’apprécie pas la vitesse, elle n’a pas le profil ni la vocation. C’est une voiture qui s’apprécie à petite dose. Le surplus de puissance apporte un raffinement supplémentaire, un prestige de bon aloi. La Ford Mustang que nous avons essayée plus tard dans la journée sur les mêmes routes offre une conduite nettement plus sportive et plaira à ceux qui recherchent une vraie conduite sport. Fait à noter, la 200 est très silencieuse même avec le toit abaissé, et l’intrusion du vent est minimale, rendant la balade d’autant plus agréable. Les versions de base et Touring offrent le toit souple, qui demeure, à notre avis, le plus intéressant, et la version Limited propose en option le toit rigide qui manque encore de grâce et bouffe tout l’espace de chargement.
Conclusion
Au final, la 200 décapotable est une recette améliorée de la Sebring. Mieux construite, mieux finie et offerte avec une mécanique digne de ce nom, elle offre plus de ce qu’elle était déjà. Elle ne dérangera en rien l’ordre établi dans le monde des cabriolets, mais consolide sa position de confortable baladeuse.
Forces
Meilleur agrément de conduite
Excellent silence de roulement sans le toit
Moteur V6 à la hauteur
Faiblesses
Sièges trop évasés
Moteur à 4 cylindres à oublier
Toit rigide inesthétique et encombrant
Fiche Technique
• Moteurs • (LX)
L4 2,4 l DACT, 173 ch à 6000 tr/min
Couple 166 lb-pi à 4400 tr/min
Transmission automatique à 4 rapports
0-100 km/h 9,8 s Vitesse maximale 180 km/h
Consommation (100 km) 8,2 l (octane 87)
• (Limited)
V6 3,6 l DACT, 283 ch à 6400 tr/min
Couple 260 lb-pi à 4400 tr/min Transmission automatique à 6 rapports
avec mode manuel
0-100 km/h 7,0 s Vitesse maximale 210 km/h
Consommation (100 km) 10,2 l (octane 87)
• Autres composantes
Sécurité active freins ABS, assistance au freinage, antipatinage ,contrôle de stabilité électronique
Suspension avant/arrière indépendante
Freins avant/arrière disques
Direction à crémaillère, assistée
Pneus P225/55R17, Limited P225/50R18
• Dimensions
Empattement 2765 mm
Longueur 4947 mm
Largeur 1842 mm
Hauteur 1470 mm
Poids 4 cyl: 1733 kg, V6 1804 kg
Diamètre de braquage 11,1 m
Coffre 370 l, 190 l (toit replié)
Réservoir de carburant 64 l
Prix : LX 29 995$
Limited : 38 495$
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Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.






