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Souvenir d’une brève rencontre

par André Desroches
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Article mis en ligne le 29 décembre 2009 à 12:47
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Souvenir d’une brève rencontre
Yvon Laferrière : «On s’est installé sur la clôture, elle est venue s’asseoir à côté de nous, le photographe a pris sa photo, elle a dit merci et ils sont partis».
Souvenir d’une brève rencontre
«Hé!, les jeunes, je suis en train d’écrire un roman. On pourrait prendre une photo avec votre gang?» La rencontre n’a duré que quelques minutes. Elle aura peu impressionné le gamin, qui ne se doutait pas à ce moment que celle qui leur adressait cette demande allait devenir l’une des plus célèbres écrivaines du Canada.
Nous sommes au début des années 1940, au coin des rues Saint-Augustin et Saint-Ambroise, dans le quartier Saint-Henri. Le photographe Conrad Poirier appuie sur le déclencheur et immortalise Gabrielle Roy avec un groupe de garçons devant un wagon de la New York, New Haven and Hartford Railroad.

Cette photographie, on l’a beaucoup vue au cours de l’automne. L’arrondissement du Sud-Ouest l’a utilisée comme signature visuelle pour la programmation spéciale élaborée afin de souligner le centenaire de la naissance de Gabrielle Roy. Le cliché est superbe. Installés sur une clôture, neuf enfants à la mine espiègle entourent l’écrivaine.

Il y a quelques semaines, l’arrondissement a voulu savoir qui sont ces enfants en lançant un avis de recherche à la population – un peu comme on lance une bouteille à la mer, sans nourrir trop d’attentes.

On a reçu un seul coup de fil: celui d’Yvon Laferrière, le premier garçon à gauche. Âgé aujourd’hui de 76 ans, M. Laferrière avait tout juste 10 ans à l’époque.

«On venait de se baigner dans le canal Lachine, se souvient-il. C’était notre piscine dans le temps.» Gabrielle Roy leur a fait sa demande. La «gang de crottés», comme Yvon Laferrière appelle affectueusement ses camarades de l’époque, a accepté de se prêter au jeu.

«On s’est installé sur la clôture, elle est venue s’asseoir à côté de nous, le photographe a pris sa photo, elle a dit merci et ils sont partis», dit-il. Ça n’a pas duré plus de cinq minutes.

À ce moment, la romancière demeurait sur le boulevard Dorchester près de l’avenue Greene, non loin de Saint-Henri où elle a situé l’action de son premier roman, Bonheur d’occasion, qui allait marquer la littérature canadienne.

La famille Laferrière, elle, demeurait au coin des rues Turgeon et Sainte-Émilie. Yvon fréquentait l’école Jacques-Viger, sur la rue Saint-Ferdinand. À l’âge de 17 ans, la famille a déménagé à Pointe-Saint-Charles, quartier où il demeure encore aujourd’hui. Un homme attaché au Sud-Ouest, qui a d’ailleurs travaillé pendant 33 ans aux ateliers du CN.
(Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

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