Les opposants au projet de reconstruction du complexe Turcot présenté par le MTQ ont manifesté leur désapprobation à l’occasion des audiences du BAPE.
«Un scénario pensé entièrement pour la voiture»
– Mobilisation Turcot
Les gens de Concertation Ville-Émard/Côte-Saint-Paul et les membres de la coalition Mobilisation Turcot espéraient mieux. Mais ils sont profondément déçus par le projet de reconstruction du complexe Turcot élaboré par le ministère des Transports du Québec. «C’est un scénario pensé entièrement pour la voiture», ont-ils déploré lors de la consultation tenue par le Bureau des audiences publiques sur l’environnement.
Ne remettant aucunement en question la nécessité de reconstruire l’échangeur Turcot, Geneviève Locas, de Concertation Ville-Émard/Côte-Saint-Paul, et Denis Lévesque, de Mobilisation Turcot, ont cependant dénoncé la voie empruntée par le MTQ.
Geneviève Locas a insisté sur le manque d’écoute du MTQ. Le ministère a consulté des acteurs du milieu, a-t-elle reconnu, constatant toutefois que la matière de ces consultations ne se retrouve pas dans le projet. Pour Denis Lévesque, ce projet déployé sur le terrain aura l’effet «d’un éléphant qui entre dans un magasin de porcelaines».
Mme Locas a particulièrement ciblé deux impacts qu’aurait le présent scénario: l’augmentation de la capacité véhiculaire et l’enclavement. Concernant ce dernier point, l’autoroute 15 traverse présentement en hauteur le quartier Côte-Saint-Paul, a-t-elle expliqué. Cette configuration permet aux rues Eadie et Hadley de constituer un lien entre le secteur résidentiel, à l’ouest, et le secteur industriel Cabot à l’est. Ramener l’autoroute au niveau du sol, comme le propose le MTQ, ce serait créer une barrière entre les deux secteurs, a-t-elle dénoncé.
Côte-Saint-Paul est certes un quartier qui connaît ses problèmes, a indiqué Geneviève Locas, mais au cours des dernières années, de nombreux efforts ont été menés pour améliorer la qualité de vie de la population. Or, «le projet du MTQ court-circuite des projets en cours pour dynamiser le secteur», a-t-elle soutenu, évoquant l’abandon du projet de construction d’un centre de la petite enfance alors que le quartier aurait besoin de 600 places supplémentaires.
Le directeur général d’ENviropnnement JEUnesse, Jérôme Nomand, n’a pas été tendre lui non plus envers le projet qui, à son avis, «met l’accent sur l’efficacité routière au détriment d’autres préoccupations majeures». Pour lui, il «se trouve à l’opposé des objectifs du Plan d’action sur les changements climatiques et ignore la majeure partie des principes de la Loi sur le développement durable en application depuis 2006».
Denis Lévesque a plaidé en faveur d’un projet «élaboré en réelle concertation avec les acteurs concernés», un projet qui doit «tenir compte de la réalité et des caractéristiques des quartiers».