Le Centre social autogéré a procédé, le 18 avril, au lancement d’une flotte de vélos à accès gratuits dans Pointe-Saint-Charles.
Implantation d’une flotte de vélos à accès gratuit dans Pointe-Saint-Charles
Un projet piloté par le Centre social autogéré
Près d’une centaine de personnes a convergé vers le parc Saint-Gabriel, le 18 avril, pour prendre part au lancement d’une flotte de vélos en libre-service à accès gratuit dans Pointe-Saint-Charles; un projet piloté par le Centre social autogéré.
Pour le moment, la flotte compte 22 bicyclettes peintes aux couleurs du CSA. Elles sont réparties à trois endroits stratégiques du quartier, indique Anna Kruzynski du collectif promoteur Vélo-libre. Des supports ont été installés près de la station de métro Charlevoix, à proximité du YMCA et à l’intersection des rues Knox et Charlevoix. Cette flotte est appelée à grossir.
Il s’agit de vélos recyclés qui ont été récupérés, réparés et peints par des membres et des sympathisants du projet Vélo-libre. Les supports ont été fabriqués gratuitement par un groupe de citoyens du quartier en démarche de réinsertion sociale à partir de matériaux récupérés.
Le mode de fonctionnement du service peut difficilement être plus simple: on emprunte gratuitement un vélo pour un déplacement et on le rapporte à l’un des trois stationnements après utilisation.
On est en présence de la première «véritable flotte de vélos libres et gratuits à Montréal», souligne le collectif Vélo-libre. «La philosophie de base du projet est fondamentalement différente de celle de la Ville de Montréal, insiste Anna Kruzynski. Le projet Bixi, malgré son vernis écologiste, soutient la philosophie capitaliste qui veut que les usagers aient à débourser chaque fois qu’ils veulent se déplacer». Pour Vélo-libre, «l’accessibilité et le droit pour tous de se déplacer dans la ville passe par un système de transport actif et collectif complètement gratuit».
«L’autogestion, l’autonomie, la gratuité et la récupération sont des valeurs fondamentales qui animent notre projet», mentionne Anna Kruzynski.
«L’idée est d’offrir des vélos avec peu de contrôle social, précise-t-elle. On mise sur «une auto-responsabilisation des personnes.»
Au cours des dernières semaines, on a fait la promotion du service dans le quartier, notamment auprès des enfants. «On a effectué une tournée des écoles de Pointe-Saint-Charles et rencontré 600 élèves pour leur parler de propriété collective, du partage de vélos», explique Mme Kruzynski.
Et la question des vols ? C’est une possibilité bien réelle, ne cache pas Anna Kruzynski. «Nous avons quand même confiance, dit-elle. On parle de vélos recyclés qui ne peuvent pas être revendus très cher.» Et puis on est encouragé par une expérience similaire de vélos libre-service menée depuis six ans à Buckingham, dans la région de l’Outaouais. Au fil des ans, le nombre de vols a diminué. Et fait à noter: depuis la présence de ce service, les vols de vélos de particuliers ont chuté de 67% dans le secteur Buckingham.
Atelier de réparation
Le projet comporte un second volet: offrir des ateliers de réparation de vélos. On prévoit installer dans les futurs locaux permanents du Centre social autogéré un atelier où les résidants du Sud-Ouest pourront apprendre à réparer leur vélo et contribuer à maintenir en bon état de marche la flotte de vélos libres.
Jusqu’au 29 mai, les ateliers seront organisés ponctuellement dans le parc Saint-Gabriel. Après cette date, ils seront animés dans les locaux du CSA.