Steve Auger : «Je fais mourir l’amour dans ce recueil !»
Visite au Musée des poèmes lointains en compagnie de Steve Auger
Finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général en 2008 pour son recueil de poésie Le rosier incendiaire, Steve Auger nous revient avec une solide nourriture pour l’esprit, l’âme et le cœur. Le 14 mars, dans le cadre du Salon du livre de Trois-Rivières, le résidant du quartier Émard procédait au lancement de Musée des poèmes lointains.
Aux yeux de l’écrivain, Musée des poèmes lointains (Éditions d'art Le Sabord) «est un recueil intime, plus intime que Le rosier incendiaire».
«Mais le style est le même, dit-il. J’ai trouvé mon style: un mélange d’esthétique, d’incendiaire et d’honnêteté.»
Le recueil est divisé en trois parties. Il renferme une série de poèmes qui puisent leur inspiration dans la relation que Steve Auger entretient avec ses jeunes fils âgés de 6 et 9 ans.
Une autre partie regroupe des poèmes tirés des quatre premiers recueils qu’il a publiés à compte d’auteur entre 1999 et 2006. «Il s’agit d’une quinzaine de poèmes que je juge les plus intéressants, explique l’écrivain. J’avais envie de les présenter.»
Enfin, une troisième section nous offre des poèmes écrits alors que Steve Auger faisait le deuil d’une relation amoureuse. En ce sens, le visage qu’il présente de l’amour dans ce recueil est différent de celui qu’il peignait dans le précédent. «C’est un peu plus dur. Il y a des images plus crues, dit-il. Une certaine douleur est présente. Dans Le rosier incendiaire, il n’y a aucune souffrance. C’est hyper romantique». Dans le Musée des poèmes lointains, «c’est le côté sombre de l’amour par rapport au côté éternel», qu’évoque le poète. «Je fais mourir l’amour dans ce recueil !», lance-t-il.
Regard vers l’extérieur
Pour son prochain recueil, auquel il travaille déjà, Steve Auger s’offrira un repos, si l’on peut dire. Se livrer à une introspection, tourner son regard vers l’intérieur, comme il l’a fait dans Le rosier incendiaire et le Musée des poèmes lointains, fouiller son âme, creuser ses sentiments comporte des risques.
«Là, l’état dans lequel j’écris n’est pas le même», dit-il. Cette fois, son regard est tourné vers l’extérieur. «Ça parle de “nous”, précise l’écrivain. J’ai besoin d’aller voir ce que j’ai en commun avec les gens. Ce qui me rapproche d’eux. Je veux communiquer avec les gens.»
«Ça pourrait être une forme de poésie engagée», avance Steve Auger, qui parle de «proposer un genre de révolution, mais pas par les armes». «Je veux suggérer des images de libération, dit-il. Je suis sensible à toute forme d’injustice, d’intolérance.»
On peut donc s’attendre à une poésie différente de la part de l’écrivain, qui ne craint pas ce virage. «Je me lance un peu dans le vide», dit-il. Mais sa présence parmi les finalistes au Prix du Gouverneur général lui a donné une grande confiance dans son écriture. «On fonce les yeux fermés !»