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Histoire de son

Un studio underground à Saint-Henri depuis 22 ans

Marilyse Hamelin par Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 13 janvier 2007 à 14:31
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Histoire de son
. (Photo : Martin A. Chamberland)
Histoire de son
Un studio underground à Saint-Henri depuis 22 ans
Le Studio Victor fournit des services d’enregistrement sonore, de mastering et de post-production à une clientèle issue de diverses industries : disque, cinéma, télévision, vidéo, publicité, multimédia, spectacle. Situé dans l’ancienne usine de RCA Victor il constitue également un lieu historique, partie prenante du patrimoine de l’enregistrement sonore au Canada.
S’il possède une expertise diversifiée, Gaétan Pilon, président et directeur technique du Studio Victor, a une préférence marquée pour l’enregistrement d’albums.

«Depuis cinq ans, on se concentre surtout sur le disque, en louant le studio à la journée», explique-t-il.

«Auparavant, on divisait les journées en faisant une session de jour et une de soir, mais la transition était difficile. L’artiste du matin commençait à être dedans au moment de libérer le studio et l’artiste suivant était en maudit de ne pas commencer à l’heure. Bref, tout le monde était frustré contre moi», se rappelle-t-il en riant.

«Là au moins les artistes sont détendus. Si Daniel Bélanger réserve le studio pour 10 jours de file, il les a et n’est pas ‘achalé’ ou stressé si des musiciens sont en retard», illustre Gaétan Pilon.

Et côté enregistrement de disques, on peut dire qu’il sait de quoi il parle! La plupart des albums québécois importants des dernières années y ont été enregistrés. C’est le cas notamment de Daniel Bélanger, Ariane Moffat, Bruno Pelletier, Dumas, Daniel Lavoie, Dobacaracol, Dorothée Berryman, France D’Amour, Frédéric de Granpré, Marc Déry, Gildor Roy, Rock Voisine, Susie Arioli Band et Vincent Vallière.

Pour l’anecdote, Georges Martin et Bett Middler sont déjà passés au studio à différentes époques.

Ce qui fait la renommée du Studio Victor? La qualité sonore de ses trois studios dont l’un est doté d’un traitement acoustique unique et d’un équipement de pointe, le fameux studio A.

Unique en son genre, d’où sa grande popularité auprès des musiciens, il a été construit par la multinationale RCA Victor en 1943.

Il fut le premier studio canadien doté d’une salle d’enregistrement au traitement acoustique polycylindrique en bois (voir l’article sur le centre RCA), ce qui lui confère une qualité exceptionnelle de réverbération du son.

D’ailleurs, ce studio aux dimensions appréciables (30’ x 26’ x 18’) est fort apprécié des sections rythmiques, de cuivre et de corde et des chorales.

En plus de l’enregistrement, les gens du Studio Victor s’occupent aussi du «mastering», qui est la dernière étape du processus, avant la mise en marché du disque. C’est là, que l’on égalise le son et toutes sortes de choses que seul un technicien (anciennement appelé ingénieur de son) peut effectuer. D’ailleurs, dans la même veine, les studios Victor offrent également des services de restauration de vieux disques et bandes sonores.
Former la relève
Né à deux rues de ses studios, sur Sainte-Marguerite dans les années cinquante, Gaétan Pilon déménage vite avec ses parents et ses sept frères et sœurs dans une maison de Ville-Émard. Très jeune, il se lance dans l’enregistrement musical avec le Studios Soleil qu’il crée dans le sous-sol de ses parents dès 1975.
«J’avais tout le matériel, mais pas de local. Lorsque j’ai entendu parler des studios RCA, j’ai sauté sur l’occasion», se rappelle-t-il.

Si à l’époque il avait plusieurs partenaires, il est aujourd’hui l’unique propriétaire du Studio Victor.

Autodidacte, Gaétan Pilon partage d’ailleurs ses nombreuses années d’expérience avec des étudiants à qui il donne des cours de formation en technique d’enregistrement sonore analogique et numérique.

«Pour devenir un spécialiste de l’enregistrement sonore, il est essentiel de développer son sens auditif, de connaître le fonctionnement de plusieurs équipements, d’avoir une expérience réelle — et non seulement théorique — du processus menant à la concrétisation d’un projet, en plus de cultiver une attitude professionnelle avec les nombreux intervenants», explique-t-il.

C’est ce qu’il tente d’inculquer aux débutants, dans une relation de mentorat à visage humain. C’est pourquoi Gaétan Pilon donne ses cours dans ses propres studios, de façon à ce que les apprentis voient le réel travail quotidien d’un directeur de studio d’enregistrement.

«Je ne dirai pas au jeune ce qui est bon ou pas bon, je suis là pour lui apprendre la base et le conseiller dans ses choix», raconte-t-il.

«Aujourd’hui avec les ipod et les haut-parleurs d’ordinateurs, les jeunes entendent la musique, mais ne l’écoutent pas. Je leur apprends à percevoir et à apprécier la qualité du son», dit-il.

Le prolifique directeur divise son année en trois sessions consécutives de quatre mois et offre le cours à un seul étudiant à la fois. Aucun prérequis particulier n’est exigé mais l’étudiant doit faire preuve de débrouillardise et être autodidacte.

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