Michèle Glémaud, directrice générale du Carrefour de lutte au décrochage scolaire.
Lutte au décrochage : le Comité persévérance scolaire dévoile ses orientations
Les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec montrent que la lutte est loin d’être gagnée. Le taux de décrochage scolaire a augmenté dans la province en 2006-2007. Il était de 25,3 % par rapport à 24,2 % pour la période 2005-2006. À Montréal, la hausse est de 1,5 %. Le Comité persévérance scolaire arrive donc a point nommé avec la présentation de trois grandes orientations qui guideront ses actions au cours des cinq prochaines années.
Composé de représentants des Comités jeunes de Solidarité Saint-Henri, de la Coalition de la Petite-Bourgogne, de la Table de concertation jeunesse de Pointe-Saint-Charles et du Comité jeunesse de Concertation Ville-Émard – Côte-Saint-Paul, le comité a présenté ses orientations et les objectifs qui s’y rattachent lors d’un dîner-conférence. L’événement a réuni à la bibliothèque de l'École secondaire Saint-Henri plus d’une centaine de personnes des milieux scolaire, communautaire, institutionnel, économique et politique du Sud-Ouest.
Quelles sont ces orientations? Premièrement, on souhaite «valoriser et soutenir les parents dans leur rôle en matière de persévérance scolaire». Deuxièmement, on entend «développer, consolider et promouvoir l’offre de services et d’activités qui favorise la persévérance». Enfin, on compte mettre l’accent sur le «maillage et la collaboration entre les acteurs qui ont un impact sur la persévérance scolaire».
«On ne veut pas réinventer la roue, a souligné Cathy Anglade, coordonnatrice de la maison des jeunes La Galerie, organisme membre du comité. Il se fait déjà beaucoup de choses. On veut les soutenir, les développer.»
Volonté de se scolariser
Conférencière invitée, Michèle Glémaud, directrice générale du Carrefour de lutte au décrochage scolaire, a brossé un portrait de la situation, présentant des chiffres intéressants. Ainsi, les résultats d’un sondage mené auprès de 2500 jeunes montrent que 90 % des répondants trouvent important d’avoir un diplôme d’études secondaires. «Ce n’est pas vrai que les jeunes ne veulent pas se scolariser», constate-t-elle avec satisfaction. D’un autre côté, 40 % des répondants disent avoir déjà songé à abandonner l’école.
Travailler mais pas trop
Mme Glémaud a également rappelé la corrélation entre le décrochage et le travail. Les données de Statistique Canada indiquent que de plus en plus d’étudiants travaillent plus de 20 heures par semaine. Le taux de décrochage est important chez les jeunes qui travaillent plus de trente heures par semaine, a souligné la conférencière. «Si le jeune travaille de 4h à minuit, il n’a pas le temps d’étudier, il n’a pas le temps de se reposer.»
Fait surprenant: le taux de décrochage est également important chez ceux qui ne travaillent pas du tout. «Ces jeunes n’ont pas de contact avec le marché du travail. Ils sont incapables de se projeter dans l’avenir», a expliqué Mme Glémaud.
Elle a par ailleurs insisté sur l’importance de la continuité dans le cheminement scolaire. Un élève qui abandonne ses études pour les reprendre plus tard a moins de chance d’obtenir son diplôme que celui qui n’a pas connu d’interruption. «C’est important de tout faire pour que nos jeunes restent accrochés à l’école», a lancé Mme Glémaud.
La coordonnatrice de Solidarité Saint-Henri, Sylvie Trudel, note d’ailleurs que 5894 cartes postales ont été envoyées la semaine dernière aux jeunes des écoles primaires et secondaires du Sud-Ouest pour les encourager à persévérer dans leurs études.
Le travail de prévention «c’est la clé», a insisté Michèle Glémaud. Pour elle, l’implication et les encouragements des membres de la famille sont primordiaux. «Il faut offrir à l’enfant un soutien affectif à chaque jour.»
«Pour assurer le soutien global du jeune, il faut établir des liens de partenariat et un leadership partagé entre l’école, les organismes communautaires et les instances publiques», a-t-elle également mentionné. Signalons qu’à ce chapitre, la compagnie Integraphic donne le ton en ce qui concerne l’engagement du milieu des affaires. Elle a fait don d’un montant de 5000 $ pour soutenir la campagne de promotion d'École vers ton avenir. C'est l'une des premières entreprises à contribuer à cette initiative.
Caroline PIlon
Commentaire mis en ligne le 30 mars 2009j'aimerais savoir d'ou les informations qui sont inscrit tel que les statistiques viennent si possible.
Merci!