José-Maria Ramirez, intervenant membre de l’équipe de soutien aux personnes immigrantes du CEDA.
L’immigration dans le Sud-Ouest : le défi de l’intégration
Le visage du Sud-Ouest a changé au cours des dernières années. Des immigrants s’y sont installés, modifiant la composition des quartiers. Comment ces personnes vivent-elles leur intégration ? Quels sont leurs besoins ? Le Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA) et son équipe de soutien aux personnes immigrantes ont invité la communauté à réfléchir à ces questions lors d’une journée inscrite sous le thème L’immigration dans le Sud-Ouest : défi intégration.
Plusieurs personnes ont pris part à ce moment d’échange et de partage sur cette réalité: intervenants, élus, résidants, personnes immigrantes.
L’activité était organisée dans le cadre de la Rencontre nationale 2008 de la Table de concertation des organismes aux services des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut. Le but de cette rencontre tenue simultanément par 19 organisations à travers le Québec était de faire connaître et reconnaître le travail des organismes communautaires qui soutiennent l’intégration des immigrants.
On a brossé un portrait global de l’immigration dans le Sud-Ouest. On a évoqué les défis qui attendent la personne immigrante, notamment en ce qui concerne la francisation et l’emploi. Des immigrants ont témoigné de leur expérience.
«Le visage du Sud-Ouest a beaucoup changé en dix ans», note José-Maria Ramirez, intervenant membre de l’équipe de soutien aux personnes immigrantes du CEDA. Alors que jusqu’aux années 1990 la population était largement formée de Québécois de souche, d’Afro-américains et de descendants Irlandais, aujourd’hui on y trouve des résidants qui viennent du Chili, du Salvador, du Congo, du Vietnam, de Chine, signale M. Ramirez. Les Congolais, Chinois et Bengalis constituent les communautés les plus importantes, précise-t-il.
«Le système d’accueil et d’intégration des immigrants du Québec est bien, mais il pourrait y avoir des améliorations», estime M. Ramirez. Il cite le défi de l’emploi. Des ordres professionnels s’ouvrent aux immigrants, donne-t-il en exemple, mais d’autres demeurent relativement fermés ou imposent des exigences importantes.
«Oui, pour la personne immigrante, le défi est complexe», constate Linda Lozeau, conseillère en emploi au Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO). «Il se peut que le chemin soit plus long que ce que l’on avait prévu au départ», dit-elle tout en formulant une règle d’or à l’intention des immigrants: «allez chercher de l’aide auprès d’organismes en employabilité».
En ce qui concerne la francisation, essentielle pour une bonne intégration, des besoins sont à combler dans le Sud-Ouest, explique José-Maria Ramirez. «Ce qui manque, c’est un service pour les femmes qui veulent participer à des cours de francisation et qui ont des enfants, dit-il. Les victimes, ce sont des femmes qui restent à la maison avec les enfants. Elles vont se franciser plus tard, quand les enfants sont plus grands.»
Mais souvent, avant même de penser à la francisation, se pose le défi des personnes sous-scolarisées qui n’ont pas été alphabétisées dans leur langue d’origine, fait observer une intervenante. Il y a un vide à combler de ce côté en terme de services. Pour le moment, «il n’y a pas un organisme, une commission scolaire qui peut combler ce besoin».
Une suite très concrète de cette journée de réflexion pourrait bien être l’élaboration d’un document de référence. «Nous aimerions réaliser un répertoire des organismes du Sud-Ouest qui aident les personnes immigrantes, un répertoire des endroits où elles peuvent trouver du soutien», indique Carole Boucher, coordonnatrice du CEDA.