Le maire Gérald Tremblay demande au ministère des Transports que le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot «ne soit pas conçu uniquement comme un corridor routier».
Échangeur Turcot : Montréal réclame un «projet urbain intégré»
Pour la Ville de Montréal, le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot ne doit pas se résumer à une question de capacité véhiculaire. Le maire Gérald Tremblay demande au ministère des Transports du Québec (MTQ) «que le projet ne soit pas conçu uniquement comme un corridor routier mais comme un véritable projet urbain intégré à son milieu».
La Ville et l’arrondissement du Sud-Ouest souhaitent qu’il devienne «une référence en matière de performances environnementales, de transfert modal vers le transport collectif, d’amélioration de la qualité de vie et de réduction des gaz à effet de serre».
La Ville, qui a fait connaître sa position dans le dossier, a dit constater que «plusieurs préoccupations fondamentales exprimées par les élus municipaux et les citoyens n’ont pas été prises en compte par le MTQ».
«Ce n’est pas juste une histoire de routes. On tient à ce que le ministère des Transports voit ce projet dans sa globalité», a commenté la mairesse de l’arrondissement du Sud-Ouest, Jacqueline Montpetit. «Ce n’est pas un projet qui ne regarde que le MTQ. Il a un impact sur la vie dans notre milieu. Il faut que le gouvernement s’intéresse à l’ensemble du projet.»
Pour le maire Tremblay, le projet doit tenir compte des orientations de l’agglomération de Montréal en matière d’urbanisme et de son Plan de transport. À son avis, il faut réévaluer la capacité du futur échangeur en regard des autres projets en transport prévus dans le secteur – reconstruction du pont Champlain, navette ferroviaire qui relierait l’aéroport au centre-ville, réaménagement de l’autoroute Bonaventure.
«Il faut profiter de cette opportunité pour améliorer de façon significative l’offre de transport collectif», a indiqué le responsable de l’aménagement urbain et du transport à la Ville, André Lavallée. Un point de vue partagé par le conseiller municipal Pierre Fréchette. «Si on ne pense pas à réduire la circulation, on manque le bateau», a-t-il déclaré. Navette ferroviaire, pistes cyclables, voies réservées pour les autobus et le covoiturage, «il faut demander du transport en commun efficace, a insisté M. Fréchette. C’est l’occasion rêvée.»
La question du logement est également préoccupante, sachant que l’on prévoit des expropriations et des déplacements d’unités d’habitation. «Si cela s’avérait incontournable, elles devront être limitées au strict minimum», a fait savoir André Lavallée. Si des expropriations s’avéraient finalement nécessaires, «un programme de relocalisation de qualité devra être proposé par le MTQ aux résidants expropriés», a indiqué Jacqueline Montpetit.