Un incendie a détruit un bâtiment situé sur le site des anciens ateliers du CN où étaient entreposés illégalement des ballots de papier destinés au recyclage.
Le feu détruit un bâtiment des anciens ateliers du CN
Chronique d’un sinistre annoncé? Ce que des résidants craignaient s’est produit. Un incendie a détruit un bâtiment industriel situé sur le site des anciens ateliers du CN, dans Pointe-Saint-Charles, où étaient entreposés illégalement des ballots de papier destinés au recyclage.
Les flammes ont pris naissance vers 2h dans la nuit du 14 au 15 novembre dans l'entrepôt de 450 000 pieds carrés.
Plus de 150 pompiers ont combattu le brasier pendant plus de quarante-huit heures.
On ne connaît pas l'origine de l’incendie. Le Service de police de la Ville de Montréal a ouvert une enquête
Le bâtiment, qui avait une valeur patrimoniale, était utilisé depuis l’an dernier par la compagnie Fibres JC pour l’entreposage de ballots de papier. Cette activité contrevenait à l’usage autorisé pour ce bâtiment.
L’arrondissement du Sud-Ouest a pris connaissance du problème quand des résidants du secteur se sont plaints d’un va-et-vient incessant de camions.
Des citoyens et organismes regroupés au sein d’Action-Gardien – la Table de concertation communautaire de Pointe-Saint-Charles – ont en effet tiré la sonnette d’alarme, demandant à plusieurs reprises à l’arrondissement d’adopter des mesures afin que ça cesse.
«Bien que le camionnage lourd dans les rues résidentielles ait été au coeur des problèmes soulevés», l'utilisation du bâtiment «pour stocker des tonnes de papier n'était pas sans inquiéter les résidants voisins du site», rappelle la table Action-Gardien.
Un inspecteur de l’arrondissement s’est rendu sur les lieux pour constater que l’on y faisait du stockage de papier, une activité qui ne respectait pas le règlement de zonage, explique la mairesse de l’arrondissement, Jacqueline Montpetit. «Nous l’avons constaté en début d’été, dit-elle. Nous avons agi de façon très ferme.»
En juillet dernier, la direction de l'arrondissement a ordonné à l’entreprise de mettre fin à ses activités. On lui a donné un délai de 90 jours pour vider le bâtiment. La compagnie avait jusqu’au 31 octobre pour le faire. En septembre, voyant que l’entrepôt ne se vidait pas, l’arrondissement a recontacté l’entreprise pour lui rappeler qu’il ne lui restait qu’un mois pour se plier à l’ordonnance, signale Mme Montpetit.
«Des pourparlers intensifs étaient présentement en cours pour encadrer la sortie de cette importante quantité de ballots de papier avec en tête une préoccupation sur l’impact de la circulation générée par cette opération sur les citoyens du quartier», indique-t-on à l’arrondissement.
Constatant que les choses demeuraient au point mort, l’arrondissement s’apprêtait à franchir une nouvelle étape. «Nous en étions rendu aux amendes», mentionne la mairesse.
Yvan Turgeons
Commentaire mis en ligne le 18 novembre 2008Drole de coincidence