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Le poète Steve Auger finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général

par André Desroches
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Article mis en ligne le 3 novembre 2008 à 17:19
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Le poète Steve Auger finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général
Steve Auger: «Je veux que mon passage sur Terre soit marquant. Je veux laisser une trace. Ça m’oblige à m’améliorer».
Le poète Steve Auger finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général
Son éditeur a décidé de soumettre le recueil. Soit. Steve Auger ne nourrissait pas d’attentes particulières. «Je n’avais rien en tête», dit-il. Puis la bonne nouvelle est arrivée. «C’est un ami de Trois-Rivières qui m’a fait parvenir un courriel pour me féliciter», relate le résidant du quartier Émard, en lice pour l’obtention de l’une des plus prestigieuses distinctions décernée dans ce pays à un écrivain: le Prix littéraire du Gouverneur général. Il est finaliste pour son recueil Le rosier incendiaire.
Les noms des lauréats seront dévoilés le 18 novembre.

«Ça m’a pris quelques jours avant de réaliser le genre de reconnaissance que ça constitue», mentionne Steve Auger.

«C’est une belle reconnaissance, être finaliste. Je ne m’attendais à rien. Je n’écris pas pour ça, dit-il. J’écris pour partager ma poésie.»

Cette poésie, Steve Auger, 31 ans, la partage depuis quinze ans. «J’ai commencé à écrire à l’âge de 16 ans», dit-il. Toujours de la poésie. Pour l’instantanéité. Pour la rapidité avec laquelle il est possible de traduire en mots une pensée, une sensation, un sentiment. «Le poème, c’est spontané, explique Steve Auger. Le roman, tu le développes pendant un an, deux ans.»

La bibliographie du poète compte déjà plusieurs titres. En 1999 et 2000, il a publié trois recueils à compte d’auteur. En 2006, il en a publié un quatrième, toujours à compte d’auteur. Le rosier incendiaire (Éditions d’art Le Sabord), paru le printemps dernier, est le premier publié par une maison d’édition.

«J’ai une relation bien spéciale avec la poésie, indique celui qui, en 2000, a reçu le Prix Clément Marchand décerné par la Société des écrivains de la Mauricie. C’est une relation avec moi-même.»

Le rosier incendiaire, c’est «le fruit de cet élan d’aller vers moi-même», dit-il.

«Ma poésie est le reflet de ce que je fais de ma vie, signale Steve Auger. Ça touche quelque chose d’intime.» Elle lui permet d’exprimer les sentiments qui l’habitent. «Je ne serais pas capable de décrire ça par la prose», dit-il. «La poésie, c’est comme une amie, un endroit où je vais.» Un endroit où il se sent bien.

Avec Le rosier incendiaire, Steve Auger parle «d’une écriture beaucoup plus mature». «Je n’avais pas de sentiment de satisfaction avec mes recueils précédents, avoue-t-il sans détour. C’est la première fois que je suis satisfait, et ce n’est pas parce que je suis finaliste pour un Prix littéraire du Gouverneur général.»

«Depuis un an, précise le poète, beaucoup de choses ont changé en moi». En entrevue, il confie avec pudeur qu’il a laissé tomber drogue et alcool. «J’ai tourné le dos à ce monde, à ce mode de vie.»

«J’ai défini mon style, un style qui se démarque, ajoute Steve Auger. Je suis satisfait de ce que je fais. Mon écriture s’est approfondie.»

Mais tout n’est pas qu’affaire de style, souligne-t-il. «Dans Le rosier incendiaire, il n’y a pas juste une esthétique. Il y a des sentiments; ça parle.» Un discours qui, de toute évidence, a touché les membres du comité de sélection des Prix littéraires du Gouverneur général.

Et puis l’expérience se fait naturellement sentir. Steve Auger peaufine son art depuis quinze ans. Ça donne des fruits. Un peu «comme un joueur de hockey qui a beaucoup pratiqué», offre en guise d’image celui qui compte le russe Vladimir Maïakovsky, Garcia Lorca ainsi que les québécois Denis Vanier, Gilbert Langevin et Guy Marchand au nombre des quelques poètes qu’il aime fréquenter. «Je veux que mon passage sur Terre soit marquant, dit-il. Je veux laisser une trace. Ça m’oblige à m’améliorer.»

Steve Auger a la plume prolifique. Il a déposé un nouveau recueil de poésie chez son éditeur. En ce moment, c’est un projet de roman qui lui trotte dans la tête. Il en a déjà cerné le sujet. «J’ai envie de communiquer avec un plus grand nombre de gens», dit-il, sachant que la poésie est un genre littéraire plus confidentiel.

Le poème, c’est le sprint, le 100 mètres. Le roman c’est la course de fond, le marathon. Deux styles bien différents. «C’est un gros défi», reconnaît Steve Auger. Mais il l’aborde avec sérénité. «Je ne me presse pas, dit-il. Je veux avoir du plaisir. Je ne me force pas pour écrire. C’est un besoin. Ça n’a rien à voir avec le prestige ou l’argent. Quand je me donne un temps pour écrire, je me fais plaisir.»

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