Marcel Poirier et le renouveau de l’orfèvrerie religieuse
Orfèvre liturgique et joaillier pendant soixante ans, Marcel Poirier vient de publier le livre Renouveau de l’orfèvrerie religieuse (1944-1979).
Le lancement officiel de l’ouvrage, publié aux Éditions du Papivore, a eu lieu à l’église Saint-Jean-de-Matha. Ce n’est pas un hasard. En 1956 et 1957, Marcel Poirier et son épouse, Rolande Séguin-Poirier, ont dessiné et réalisé les autels de cette église et leurs accessoires, la balustrade, le chemin de croix, un reliquaire grandeur nature et autres articles religieux.
«Rendu à mon âge, j’ai beaucoup de temps. Je me suis dit : pourquoi ne pas écrire mes mémoires?», relate l’homme de 87 ans. Il a approché l’éditeur Serge Cholette, qui a accepté de publier le livre. «C’est une œuvre intéressante. J’avais le goût de prendre ce risque. Il ne s’est rien publié sur l’orfèvrerie des années 1944 à 1979», explique-t-il.
L’ouvrage est abondamment illustré. Il compte plus de 120 photographies de calices, ciboires, ostensoirs et autres pièces créées par l’orfèvre. «Mais ce n’est pas seulement un catalogue, prévient M. Cholette. Ça raconte l’histoire de Marcel Poirier, un homme qui s’est toujours intéressé au patrimoine.»
Cet ouvrage sur l’art sacré se veut un hommage posthume à l’épouse et collaboratrice de M. Poirier, Rolande Séguin-Poirier, sculpteure. «Elle m’a beaucoup aidé. C’était une bonne collaboratrice. On ne pouvait pas demander mieux», confie Marcel Poirier.
C’est à son contact que tout a débuté. «J’aimais les choses intellectuelles, mais surtout le travail manuel, se souvient-il. À un moment, j’ai rencontré une femme née avec un pinceau…»
Autodidacte, Marcel Poirier a amorcé sa carrière en 1944 par des travaux de gravure. En 1948, il a ouvert avec sa conjointe un atelier d’orfèvrerie à Verdun, où ils ont vécu quelques années avant de s’installer dans Émard. Ils y sont demeurés pendant vingt ans.
Son œuvre est inscrite sous le sceau de l’originalité. Il a contribué au renouveau de l’art liturgique. «J’ai transformé le style, explique-t-il. Je ne copiais pas des modèles existants. C’était ça ma force.»
«Pendant 35 ans, j’ai travaillé pour les églises», dit-il. Entre les années 1954 et 1965, qu’il qualifie d’«âge d’or», les commandes sont si nombreuses qu’il doit embaucher des employés. «Je ne fournissais pas à la demande. Certaines années, je créais plus de 60 calices», raconte Marcel Poirier, précisant que chaque pièce nécessitait une semaine de travail.
Il a exercé son art partout au Québec et chez nos voisins du Sud. «J’ai eu beaucoup de commandes des États-Unis», relate-t-il. «Deux de mes calices se sont rendus au Vatican», ajoute l’orfèvre.
Et puis, au sortir des années 1960, le Québec a tourné le dos à l’Église. «J’ai arrêté en 1970, indique Marcel Poirier. Il n’y avait plus de clients. J’ai dû fermer boutique.»
Le livre est notamment en vente à la paroisse St-Jean-de-Matha. On peut obtenir plus d’information à info@editionspapivore.com.