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Quand la marelle n’amuse plus…

Article mis en ligne le 26 septembre 2008 à 16:22
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Quand la marelle n’amuse plus…
Simon Boulerice : «Je ne voulais pas traiter le sujet de façon moralisatrice. J’ai juste voulu dépeindre cette réalité. Je ne porte aucun jugement.»
Quand la marelle n’amuse plus…
Il y a quatre ou cinq ans, alors qu’il était animateur en théâtre dans un camp d’été, Simon Boulerice s’est soudainement trouvé, comme il le dit, «confronté à une nouvelle réalité». Il se souvient de cette fillette qui, invitée à présenter le numéro qu’elle avait préparé, a glissé dans le lecteur de disque «une musique lubrique» et s’est mise à danser une danse qui n’avait rien d’une valse. «J’ai vu comment des petites filles agissaient avec leur sensualité», relate le dramaturge, qui s’est dit qu’il devait écrire sur ce sujet. C’est ce qu’il a fait avec la pièce Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, une réflexion sur l’hypersexualisation des jeunes présentée jusqu’au 1er octobre à La Petite Licorne.
«Ça m’a fait quelque chose. J’ai trouvé ça triste de voir une fillette de douze ans jouer la carte de la sensualité», relate l’auteur et metteur en scène qui demeure dans Saint-Henri.

Plantée dans une cour de récréation, Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella? raconte l’histoire de trois jeunes de sixième année «mûrs pour de nouveaux jeux». La marelle et le ballon chasseur ne suffisent plus.

«Marie-Stella, une gamine surnommée MTS, s’amourache de Joseph, au point de vouloir l’épouser. Tous les moyens sont bons pour le garder près d’elle : don de sa virginité, grossesse feinte, don d’organes et mutilations diverses. Surtout quand une rivale lubrique est dans les parages…»

Les vidéoclips, la célébrité instantanée avec les émissions de téléréalité, internet ont changé la donne, estime Simon Boulerice. «Ce désir de plaire exacerbé n’était pas là quand j’étais jeune.»

«Mais je ne voulais pas traiter le sujet de façon moralisatrice, explique-t-il. J’ai juste voulu dépeindre cette réalité. Je ne porte aucun jugement.» L’œuvre n’est pas manichéenne, souligne celui qui se plaît à «brouiller les pistes». «Tout n’est pas noir ou blanc», dit-il. La part de gris domine.

La pièce est défendue par les comédiens Édith Arvisais, Sophie Desmarais et Gabriel Lessard, qui se font également chanteurs. Pour Simon Boulerice, il s’agit en effet d’une première pièce à saveur musicale. «J’ai toujours aimé les comédies musicales, dit-il. Mais c’est suicidaire quand ça ne marche pas. C’est facile de tomber dans quelque chose d’irritant». L’auteur a brillamment évité le piège. «La musique apporte une autre dimension», précise-t-il, évoquant le film de Lars Von Trier, Dancer in the Dark, où la musique est indissociable d’un certain onirisme. Dans la cour d’école, Marie-Stella n’a pas la vie facile. Elle se fait régulièrement rabrouer. La musique lui procure une bulle, une zone de confort. «Les chansons permettent au personnage de s’évader», indique Simon Boulerice.

Sujet sérieux donc. Critique sociale certes, mais l’humour n’est pas pour autant absent de cette pièce. «Ça reste très drôle. Les spectateurs rient dans la salle», constate l’auteur, qui aimerait que son texte soit éventuellement présenté à un jeune public. «Des jeunes du secondaire, qui ont vu la pièce, ont été troublés, dit-il. J’ai envie que les jeunes voient ça. Je pense qu’ils peuvent se voir dans ces personnages.»

Avec Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, Simon Boulerice aborde une fois de plus l’univers de l’enfance, comme il le faisait avec son texte Simon a toujours aimé danser, qui lui a valu le prix de la création francophone Fringe 2007 et solo de l’année du Festival L.G.B.T 2007. «C’est une source inépuisable, confie l’auteur. Cette période est chargée de souvenirs.»

Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella? est présentée le 28 septembre à 15h, le 29 septembre à 20h ainsi que les 30 septembre et 1er octobre à 21h.

La Petite Licorne est située au 4559, Papineau

Réservations et billetterie au 514 523-2246.

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