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Le débat n’est pas clos

Robin Philpot revient à la charge sur la question rwandaise pour laver sa réputation ternie lors des dernières élections provinciales

Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 14 octobre 2007 à 0:00
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Le débat n’est pas clos
Selon Robin Philpot, en toile de fond du drame rwandais, s'est déroulé un combat de titans opposant les États-Unis - et ses alliés britanniques et canadiens -, à la France, pour le contrôle militaire et économique de l'Afrique centrale.
Le débat n’est pas clos
Robin Philpot revient à la charge sur la question rwandaise pour laver sa réputation ternie lors des dernières élections provinciales
Robin Philpot, intellectuel, écrivain, journaliste et politicien - il s'est présenté sous la bannière péquiste dans St-Henri-Ste-Anne aux dernières élections provinciales - a lancé récemment un deuxième livre portant sur les événements du début des années 90 au Rwanda, sur le génocide qui a suivi, ainsi que sur le régime actuel de Paul Kagame, qui serait selon lui beaucoup moins net que l'image qu’en donnent les médias nord-américains.
Rwanda : Crimes, mensonges et étouffement de la vérité est la suite de son précédent essai - beaucoup plus fouillé -, Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali, paru en 2003. Si M. Philpot a senti cette année le besoin de revenir sur la question, ce n'est pas étranger à son implication politique. En effet, en mars dernier, Robin Philpot a fait les frais d’un article en une du journal La Presse le qualifiant de négationniste en ce qui a trait au génocide rwandais, affirmation qui a notamment été reprise par la télévision de Radio-Canada.

Si M. Philpot à ses détracteurs, il a aussi ses défenseurs et l'auteur nomme tous ces acteurs dans ce livre presque journalistique quant à l’exposition des faits historiques qu’il relate et à la fois un plaidoyer visant à défendre sa thèse: «Plutôt que d’attaquer mes détracteurs en Cour pour diffamation, j’ai préféré prendre la plume pour leur répondre», explique M. Philpot.

Bien écrit, accessible à tous, le petit livre – 125 pages seulement – se lit d’une traite.

Il faut savoir avant tout que M. Philpot est un spécialiste de la question africaine ayant notamment vécu au Burkina Faso et que le point de vue qu’il énonce sur la tragédie rwandaise est le fruit de plusieurs années de recherche.

Selon lui, ce sont les Américains, épaulés par les Britanniques (et les Canadiens), qui auraient empêché la mission de paix de l’ONU en 1994 de réussir. Ces pays souhaitaient que le Front patriotique rwandais (FPR), et à sa tête Paul Kagame, prennent le pouvoir afin d’obtenir la mainmise économique et politique sur la région: «La région regorge du coltan, un minerai très recherché pour la fabrication de téléphones cellulaires, d’or et de diamants», explique M. Philpot.

Il accuse également le FPR d’être à la source de l'attentat aux missiles ayant causé la mort du président rwandais Habyarimana et des violences innommables qui en ont découlées. Ce régime Kagame est aujourd’hui encore en place et, selon M. Philpot, ce sont les Américains et les Britanniques «qui font la pluie et le beau temps dans la région»: «Avant 1994, il n'y avait même pas d’ambassade britannique à Kigali, elle est aujourd’hui la plus grosse», illustre-il.
Pas négationniste
Selon M. Philpot, il ne s'agit pas d'affirmer que le génocide des Tutsis de l'intérieur par les Hutus n'a pas eu lieu mais, que le FPR, qualifié de sauveur par certains, porte une très lourde part de responsabilité dans la genèse de ce drame. Pour prendre le pouvoir, il aurait déclenché ce chaos et commis lui aussi des tueries de masse, stratégiquement attribuées aux Hutus.
Dans son livre, l’auteur pointe du doigt les journalistes André Noël et l’éditorialiste André Pratte, tous deux du quotidien La Presse, ainsi que l'ex-journaliste de la télévision de Radio-Canada Julie Miville-Deschenes, pour l'avoir assimilé à un négationniste, en citant hors contexte des extraits et des déclarations entourant la sortie de son précédent livre sur le Rwanda.

Parmi les partisans de la thèse de M. Philpot, on compte Boutros Boutros-Gali, ancien secrétaire général des Nations Unies (ONU), le juge Bruguière, célèbre juge Français spécialisé dans le terrorisme, Amadou Deme, membre de la section des renseignements des troupes de l'ONU sous le général Dallaire, et, plus localement, le journaliste du quotidien le Devoir, Louis Cornellier, lui-même spécialiste de la question rwandaise. Au moment de la crise en mars 2007, Lysiane Gagnon, pourtant éditorialiste à La Presse, a également pris la défense du candidat péquiste de St-Henri-Ste-Anne.
Ouverture européenne
Historiquement, la France dominait la région centre africaine et aurait été carrément balayée par les Américains au moment des faits. C'est pourquoi, selon l'auteur, la parole serait beaucoup plus libre en France et en Europe en général, quant à ce qui s'est réellement produit au Rwanda en 1994.
Robin Philpot quittera d’ailleurs le Québec cette semaine pour aller lancer son livre à Paris, Bruxelles et au Luxembourg.

Confiant que sa thèse sera un jour reconnue par tous, l'auteur continue son travail de mémoire : «Même ici dans le Sud-Ouest, nous avons une forte communauté congolaise et rwandaise; des gens qui sont réfugiés à cause du régime actuel de Paul Kagame. Ils savent que ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali, mais ils ont peur de parler. Un jour, quand ils seront bien installés, ils parleront», conclut-il.

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Vos commentaires

Le président actuel du Rwanda n'a pas l'aurité morale de diriger le Rwanda

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