Le Groupe de travail en agriculture urbaine, une coalition de 50 organismes et membres de groupes environnementaux, a récemment recueilli 25 000 signatures dans le cadre d'une pétition pour forcer Montréal à tenir des audiences publiques sur l'agriculture urbaine.
Et c'est le temps ou jamais de passer à l'action. Pendant que certains considèrent l'agriculture urbaine comme l'apanage de quelques écologistes zélés qui désirent vivre avec leurs poules et leurs lapins, un récent sondage indique que 51% des Montréalais interrogés cultivaient déjà leurs propres denrées dans leurs cours, sur leurs balcons ou dans quelque jardin communautaire.
La prochaine étape est donc d'encourager la Ville à développer des projets semblables, mais sur une plus grande échelle et à long terme.
Les bas salariés consacrent de 40% à 60% de leurs revenus à l'achat de nourriture, en plus de souvent souffrir d'obésité ou de diabète, notamment à cause de leur mauvaise alimentation. Pourquoi? Parce que se nourrir décemment est dur pour le porte-monnaie! La malbouffe est infiniment plus abordable.
Des études démontrent que l'agriculture urbaine augmente la qualité et la quantité de nourriture accessible aux citadins. Après tout, cette forme d'agriculture n'est pas nouvelle et était largement exploitée durant les deux guerres mondiales et pendant la crise de 1929 quand l'accès à la nourriture était limité.
De tels programmes d'agriculture urbaine nous feraient non seulement économiser de l'argent, ils contribueraient aussi à améliorer l'accès aux denrées alimentaires et rehausseraient leur qualité, car ces produits frais sont exempts de pesticides et de préservatifs; sans compter le plaisir que l'on tire à déguster ce que l'on cultive soi-même!
J'ai des amis qui photographient même avec fierté leurs petits plants de tomates sur leur balcon comme s'il s'agissait d'un nouveau-né!
Le trésor qui m'est le plus cher est mon petit jardin de fines herbes sur mon balcon. Juste le parfum du basilic et du thym frais qui embaume l'air de mon balcon me rend heureuse lorsque je m'assoie à l'extérieur. Je peux donc imaginer toute la fierté de ceux qui cultivent leurs propres fruits et légumes!
La plupart des mets consommés en Amérique du Nord voyagent en moyenne près de 2400 km avant de se retrouver dans notre assiette! -
L'idée est de provoquer un changement radical de mentalité quant à ce qui atterrit dans notre assiette. Tout n'a pas besoin d'être acheté.
Les régimes à 100 milles et moins
Un livre à lire absolument est celui intitulé «The 100-Mile Diet: A Year of Local Eating». Ce livre écrit par les auteurs canadiens Alisa Smith et James MacKinnon raconte comment ils s'y sont pris pour se nourrir pendant un an d'aliments exclusivement produits dans un périmètre de 100 milles (soit 160 km) autour de leur résidence.
Vous pensez que ce fut facile? Rien de moins vrai. Ils se sont vite rendu compte que la plupart des mets consommés en Amérique du Nord voyageaient en moyenne près de 2400 km avant de se retrouver dans notre assiette!
Notre attitude de tout vouloir, tout de suite, nous coûte très cher sur les plans environnemental, politique et social.
L'expérience de Smith et MacKinnon nous révèle plein de choses troublantes et d'une importance majeure sur notre environnement.
«Un simple supermarché peut contenir 45 000 articles différents; 17 000 nouveaux produits alimentaires apparaissent chaque année aux États-Unis. Et pourtant, pratiquement rien ne provenait de nos producteurs locaux. Comment notre système de distribution alimentaire en est-il arrivé là?»
C'est une question qui vaut la peine d'être posée…