En 1962, Hubert Aquin et un groupe de cinéastes parmi les plus célèbres de l’ONF nous donnaient À Saint-Henri le cinq septembre – le fruit d’une journée passée à arpenter le quartier, caméra au poing. Près de 50 ans plus tard, la réalisatrice Shannon Walsh et seize documentaristes revisitent les lieux avec À St-Henri, le 26 août.
Filmé en vingt-quatre heures, le jour de la rentrée scolaire – tout comme celui d’Aquin –, À St-Henri, le 26 août se présente comme une chronique du quartier. Les cinéastes se sont attachés aux pas de plusieurs personnages qui nous font découvrir leur Saint-Henri.
Baigné par une musique originale de Patrick Watson, le documentaire se veut un hommage à celui signé par Aquin, produit par Fernand Dansereau, et auquel ont notamment participé les Claude Jutra, Michel Brault, Gilles Groulx et Jacques Godbout.
Née à London, en Ontario, venue s’installer au Québec en 1995 afin de poursuivre des études à l’Université Concordia, Shannon Walsh s’est installée dans Saint-Henri, où elle a vécu durant deux ans. Pour une étudiante de 18 ans, «les loyers n’étaient pas chers», dit-elle.
«Dès le début, j’ai éprouvé une fascination pour ce quartier, relate la cinéaste. Je suis tombée en amour avec sa richesse». La réalisatrice parle de l’esprit de «communauté» dont il est empreint, de la présence encore aujourd’hui d’un «sens du village».
C’est le coscénariste du film, Denis Valiquette, un natif de Saint-Henri – «un vieux résident du quartier», souligne-t-elle – qui, il y a un an et demi, lui a fait découvrir le film d’Hubert Aquin. La décision de réaliser un documentaire en reprenant la formule a été immédiate, se souvient Shannon Walsh.
«L’époque du cinéma direct m’intéresse», explique-t-elle. «Il était presque nécessaire de rendre un hommage à ce monde qui m’inspire beaucoup.»
«Avec À Saint-Henri le cinq septembre, j’ai vu un film réalisé par des gens capables de faire quelque chose ensemble», mentionne celle qui a aussi voulu faire «quelque chose en commun».
Elle a convoqué pour ce projet plusieurs documentaristes dont Anaïs Barbeau-Lavalette, Richard Brouillette, Tracey Deer, Claude Demers, Sylvain L’Espérance et Amy Miller.
Les cinéastes ont donc tourné leur séquence en 24 heures. «Une approche de réalisation inspirante», a constaté Shannon Walsh. Il y a une forme d’urgence à travailler de la sorte. «Il faut regarder avec les yeux ouverts. Il faut être sensible, complètement ouvert», dit-elle. «On était tous inspirés par l’esprit du cinéma direct.»
Premier d’une trilogie
À St-Henri, le 26 août constitue le premier documentaire d’une trilogie sur la vie dans les quartiers, mentionne Shannon Walsh.
Le second nous transportera à Durban en Afrique du Sud. Celle qui nous a donné H2Oil, un documentaire dénonçant les effets des sables bitumineux en Alberta, prévoit tourner le 11 janvier prochain, journée de la rentrée scolaire. Pour le troisième volet, rien n’est encore décidé, mais la cinéaste évoque la possibilité de planter sa caméra à Dubaï.
Produit par Parabola Films en coproduction avec l'ONF, À St-Henri, le 26 août prendra l'affiche le 20 mai au Cinéma Parallèle (Ex-Centris). On peut en apprendre plus sur le film au www.onf.ca.
