Il faut que Michael Ignatieff joue-le tout pour le tout deux fois cette semaine. Il doit faire de son mieux.
Sa carrière politique est en jeu. Deux matchs nuls ne sont pas une option. Il doit gagner les deux débats.
Sinon, il sera battu à plate-couture le 2 mai.
M. Ignatieff tire de l’arrière par 10 à 13 points dans tous les sondages depuis une semaine. Depuis le début de la campagne, le chef libéral n’a fait signe d’aucun regain de vie.
Le débat en anglais est mardi soir, et le soir suivant, on reprend en français.
Stephen Harper est toujours en avance. Il n’y a rien qui a changé dans les sondages depuis deux semaines. Harper n’a qu’à surveiller les pelures de bananes à ce point-ci, porté son beau chandail bleu, jouer avec ses chats et embrasser des enfants.
Le chef conservateur est en vitesse de croisière vers une majorité, même une grande victoire, ce à quoi il a toujours rêvé.
M. Harper a la force, deux fois plus d’argent que les libéraux, trois fois plus d’organisation. Et contrairement à l’organisation libérale, tout le monde tire dans la même direction chez Harper.
Les conservateurs ont ce que leur ministre de l’Immigration Jason Kenney appelle « les communautés ethniques » de leur bord.
Tout le monde, du moins au Québec, sait ce que « l’argent et les ethnies » peuvent faire aux élections. Demandez à Jacques Parizeau.
Pour gagner les débats cette semaine, Ignatieff doit attaquer Harper de front, l’accuser de tout les pêchés au monde.
Harper lui, doit résister et continuer à sourire du début à la fin.
Il ne doit pas se fâcher le moindrement. Lors qu’il se fâche, son visage change complètement et la vraie nature de Harper monte à la surface. Et c’est là que les électeurs ont peur.
Pendant trois mois cet hiver, jour après jour, soir après soir, les pubs négatives des conservateurs ont martelé Ignatieff à la télévision, et ont détruit son image. Le tort est fait. Harper n’a pas besoin d’en mettre plus. Il doit se contenter d’être « Monsieur Bon-Gars. »
Ignatieff répétait tout au long de l’hiver qu’une fois la campagne commencée, le public oublierait les pubs des conservateurs et sa vraie nature deviendrait évidente.
Malheureusement, ce n’est pas arrivé et maintenant la campagne est à moitié finie, et c’est un peu tard.
Mais dans un débat comme ceux de cette semaine, tout peut se produire. Dans deux débats il y a deux fois plus de chances de voir un miracle.
Ignatieff tient à dire « petit train va loin. » Pourtant, la réalité est « Gros train va deux fois plus loin. »
Le problème pour Ignatieff est que son petit train n’est pas encore sorti de la gare.
Ignatieff aura deux chances de démarrer de la gare cette semaine.
