Harper évite de répondre

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A-t-il peur des journalistes?

Partout où il va depuis le début de la campagne, Stephen limite les médias qui le talonnent à cinq questions par jour.

Le régime quotidien est toujours le même: deux questions en anglais, deux questions en français, et une cinquième réservée à un journaliste de l’endroit.

C’est que Harper craint de se mettre les pieds dans les plats s’il répond à trop de questions. L’imprévu joue de mauvais tours, on le sait.

Bien préparé, Harper est champion.  Personne ne l’accote. Mais lorsqu’il tente de répondre à des questions auxquelles il ne s’attend pas, il peut dire n’importe quoi.

On se rappellera sa fameuse gaffe à Saskatoon en 2008 lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait des « galas » des artistes.  Pas sa meilleure réponse ce jour-là. 

Lors du débat des chefs aux dernières élections, le chef bloquiste Gilles Duceppe lui a demandé ce qu’il entendait faire pour contrer la crise économique qui s’annonçait.

Harper est resté bouche-bée. Il ne savait pas quoi dire.  Puis il a répondu qu’il conseillerait à sa mère d’acheter des actions à la bourse pendant que les prix étaient à la baisse.

Quelqu’un a calculé plus tard que si madame Harper avait suivi les conseils de son fils, ses actions auraient perdu 40 pour cent de leur valeur. 

 

Les autres chefs, Michael Ignatieff, Gilles Duceppe et Jack Layton s’efforcent de répondre à autant de questions que possibles. Ils veulent paraître disponibles, prêts à se soumettre aux interrogations difficiles, même les plus bêtes.

Dix, quinze questions!  Amenez-en!

Ils perçoivent chaque question comme une occasion de faire passer leur message par la voix des médias et non pas comme un piège à éviter.

Ignatieff, Duceppe et Layton  se présentent devant des assemblées publiques, tandis que Harper préfère les auditoires gagnés, triés sur le volet par ses organisateurs. Il insiste même que l’identité de tous les participants soit vérifiée d’avance, souvent avec l’aide de la GRC qui travail de paire avec les organisateurs conservateurs.

C’est ironique. Harper a été élu en promettant transparence, ouverture et accès.

Depuis les derniers cinq ans Harper a livré précisément le contraire.  Et alors que l’électorat a plus que jamais besoin de réponses claires et détaillées pour faire un choix éclairé, Harper se referme.

Son refus de répondre aux questions nous rappelle l’ancienne Premier ministre Kim Campbell qui avait dit lors des élections de 1993, qu’une campagne électorale n’était pas le temps  de débattre de questions compliquées comme la santé.

On se rappelle aussi comment ces élections se sont terminées pour elle.

 

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