Des journalistes pour assurer la survie de l'information

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Philippe Boisvert
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Un rapport recommande de payer 40 % du salaire des journalistes

Le code de déontologie du journaliste et l’indépendance de l’information (aucune intervention de l’État à même les médias) sont au cœur du projet. (Photo thinkstock)

Le Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec a déposé, le mercredi 26 janvier, un rapport contenant 51 recommandations.

Mandaté en novembre 2009 par la ministre des Communications et elle-même ancienne journaliste, Christine St-Pierre, ce groupe de travail recommande une intervention de l’État afin de financer le travail des journalistes.

« La crise médiatique qui frappe le Québec depuis les dernières années n’était finalement pas seulement reliée à une conjoncture économique difficile (récession), mais également à une restructuration importante des coûts d’exploitation chez les diffuseurs d’information. Produire de l’information n’est plus quelque chose de rentable. Les entreprises boudent donc cette avenue et préfèrent engranger des profits ailleurs », résume Dominique Payette, professeure et directrice de programme de journalisme à l’Université Laval, ainsi qu’ancienne journaliste télé pour Radio-Canada et Télé-Québec.

Le Groupe de travail, mené par Mme Payette, recommande que le gouvernement offre un crédit d’impôt remboursable de 40 % du salaire aux entreprises de presse pour l’embauche de journalistes, ayant préalablement obtenu le titre de journaliste professionnel. Tous les types de médias (télévision, quotidien, radio, hebdomadaire, magazine et Internet) sont visés.

Ainsi, la diversité et la production de nouvelles seraient augmentées et la survie de l’information serait assurée. Le code de déontologie du journaliste et l’indépendance de l’information (aucune intervention de l’État à même les médias) sont au cœur du projet.

Mme Payette avance que cette mesure serait particulièrement profitable pour l’information locale, où les revenus publicitaires en baisse pavent souvent la voie.

« Il y a plusieurs endroits au Québec où on ne retrouve qu’un seul journaliste par hebdomadaire. La moyenne au Québec, est en fait de 1,5 journaliste par journal. Avec le virage Internet et l’arrivée de toutes les nouvelles technologies, c’est impensable de faire du journalisme de qualité avec un seul journaliste par publication », a-t-elle tranché.

Société à but non lucratif, Hebdos Québec est une association de 150 journaux hebdomadaires du Québec, dont 25 sur l’île de Montréal. Son directeur général, Gilber Paquette, a tenu à mettre un bémol à cette analyse.

« C’est une analyse qui est en partie vraie. Je crois que 20 à 30 % des journaux pourraient se prémunir de cette aide fiscale. La situation est différente dans chaque journal. Ce n’est pas vrai que partout au Québec et dans tous les hebdos, ça vaut la peine d’embaucher un nouveau journaliste. Il y a des secteurs peu occupés, où un seul journaliste peut suffire à la tâche. »

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), la plus grande association de travailleurs de l’information au Québec avec ses quelque 2 000 membres, a accueilli favorablement ce rapport.

« Bien qu'il ne réponde pas à toutes les attentes de la FPJQ, ce rapport offre une bonne base pour alimenter les discussions. Il se fonde sur des principes généralement reconnus et défendus par la FPJQ, comme le fait que l'État ne peut s'ingérer dans les conditions d'exercice du journalisme et qu'il est de sa responsabilité d'encourager la production d'une information dite d'intérêt public », a-t-on annoncé, par voie de communiqué.

Organisations: Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Université Laval, Radio-Canada Télé-Québec Association de travailleurs de l’information au Québec

Lieux géographiques: Québec, île de Montréal

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