Fermeture d'Aveos: perte de 1800 emplois. Fermeture du manufacturier d'électroménagers Mabe: 700 emplois. Metro ferme une usine de transformation de viande: 150 emplois. Fermeture du centre de recherche de Johnson & Johnson: perte de 126 emplois. Autant de mauvaises nouvelles qui ont frappé la métropole au cours des derniers mois. Ce qui fait moins la manchette, ce sont les fruits récoltés grâce au travail effectué par le réseau des Corporations de développement économique communautaire (CDEC) et des Centres locaux de développement (CLD) de l’île de Montréal. Un travail qui, depuis 2007, a permis la création et le maintien de près de 15 000 emplois.
Au cours des cinq dernières années, les neuf CDEC et les neuf CLD de l’île ont contribué à la création et au maintien de 14 500 emplois et ont généré 400 M$ d’investissements dans les entreprises. «Tout n’est pas négatif à Montréal. Il se passe des choses positives», fait observer le directeur général du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) et porte-parole du réseau des CDEC de Montréal, Pierre Morrissette.
Ces résultats étaient dévoilés lors de l’évènement «Cap sur le développement économique local» qui avait lieu à l’hôtel de ville de Montréal. Une occasion pour les CDEC et les CLD de faire le bilan des cinq dernières années et de parler des perspectives d’avenir.
Dans le Sud-Ouest, le bilan présenté par le RESO est éloquent. De 2007 à 2012, les investissements des fonds locaux de financement s’adressant tant à des entreprises privées que d’économie sociale totalisent 5,9 M$ et ont généré 18,7 M$ en investissements, permettant de consolider ou de créer 712 emplois.
L’événement a notamment permis de «réitérer le fait que Montréal s’appuie sur un réseau de développement local, signale Pierre Morrissette. De montrer que du travail se fait sur le terrain.» En termes d’emplois, «entreprise par entreprise, ce travail permet de remplacer ce qui a été perdu», mentionne celui pour qui la productivité et la compétitivité des entreprises constituent de grands enjeux d’avenir.
Histoires à succès
Le document Développer Montréal quartier par quartier, déposé lors de l’événement, présente plusieurs projets – autant d’histoires à succès – qui ont bénéficié du soutien des neuf CDEC.
Le RESO a, entre autres, accompagné et apporté un appui financier à Inovae, une entreprise qui offre des solutions technologiques vertes pour une meilleure gestion énergétique des bâtiments institutionnels, commerciaux et industriels. «Les projets axés sur les technologies vertes sont très porteurs», note le directeur du Service aux entreprises du RESO, Marc Beausoleil.
Le RESO a accompagné depuis sa naissance La Gaillarde, une entreprise d’économie sociale qui s’avère une pionnière de la mode éthique. Et il travaille présentement avec des partenaires pour développer un pôle d’accueil touristique et culturel créateur d’emplois dans le projet immobilier les Bassins du Nouveau Havre.
Parlant de partenaires, l’approche privilégiée par les CDEC repose d’ailleurs sur la participation de la communauté, sur l’inclusion, souligne Pierre Morrissette. «Ça donne de bons résultats», dit-il.
Un autre ingrédient du succès: «l’ancrage dans un territoire d’appartenance», estime le patron du RESO. «Un seul CLD, une seule CDEC à Montréal: je ne suis pas sûr qu’on arriverait au même type de résultats», soutient celui pour qui la force du réseau des CDEC et des CLD repose par ailleurs sur le «partage et le transfert de notre expertise développée localement au profit de tous les Montréalais».
Chaque territoire donne une couleur particulière à ce qui s’y développe. Inovae est une illustration de la transformation de la structure entrepreneuriale du Sud-Ouest. Cela n’est pas étranger à la présence de l’École de technologie supérieure et de son Quartier de l’innovation. «On est vraiment dans un créneau d’avenir», souligne Pierre Morrissette, précisant qu’au cours des dernières années, le RESO a soutenu plusieurs «projets liés de près ou de loin au développement durable». «On le sent vraiment, le virage», dit-il.
Pierre Morrissette porte un regard satisfait sur les cinq années passées. Et il envisage le futur avec optimisme. À son avis, «Montréal peut aborder l’avenir avec une certaine confiance».





